Conférence "Qu'ont révélé les fouilles archéologiques de 2017 au Quartier de l'Espérance ?" . 

Conférence au centre culturel Le Rex à Abbeville le 24/04/2018 à 18H30, par les archéologues responsables du chantier. 

 

Voir article ci-dessous paru sur le Courrier Picard le 17/04/2017. 

Des fouilles riches dans le quartier de l’Espérance à Abbeville

Elles ont confirmé l’importance du site pour la préhistoire, avec de nouvelles découvertes.

 

La campagne de fouilles archéologiques menée au cœur du quartier de l’Espérance (les 200 logements) s’est achevée vendredi 14 avril. Et elle a tenu toutes ses promesses. Selon les spécialistes de la préhistoire qui l’ont menée, elle confirme bien les découvertes exceptionnelles qu’ils avaient faites en octobre dernier, lors de sondages (Le Courrier picard des 22 octobre 2016 et 8 avril 2017). Ce site, à l’emplacement des anciennes carrières du Moulin-Quignon, révèle la trace la plus ancienne de l’homme dans cette partie nord-ouest de l’Europe. Des silex taillés montrent en effet que l’Homo Heidelbergensis était présent il y a environ 650 000 ans sur les rives du fleuve Somme, qui coulait à l’époque à cet endroit, 40 mètres au-dessus de son niveau actuel.

 

Une fouille difficile

Les chercheurs ont œuvré sans relâche pendant 15 jours, pour profiter à plein du créneau qui leur était imparti avant le lancement du chantier d’aménagement des espaces publics. Non sans difficulté, dans un terrain perturbé par l’érosion et le travail des carriers, ils sont descendus jusqu’aux couches d’alluvions, de graviers, qui se trouvaient au bord du fleuve. Une donnée essentielle pour la géologie, qui a permis de dater le site précisément. Ils ont aussi mis au jour «  au moins cinq bifaces, l’outil emblématique de l’Acheuléen, avec des formes et des styles qui correspondent vraiment à cette période  », souligne Pierre Antoine, géologue au CNRS. Ils ont également retrouvé plus de 150 éclats débités et les gros blocs, les nucleus, à partir desquels étaient fabriqués ces outils. Tout ceci forme «  un vrai bel ensemble  » qui réhabilite ce site du Moulin-Quignon et valide le travail de Boucher de Perthes, père de la préhistoire au XIXe siècle.

 

 

Les scientifiques vont maintenant étudier tout ce matériel et rédiger un rapport de fouilles. Ils ont également pour objectif d’écrire un article dans une revue spécialisée «  pour faire part de cette découverte au niveau international  ». Abbeville pourrait ainsi retrouver son rang de capitale de la préhistoire. Ce qui tombe bien au moment où elle s’apprête à célébrer, en 2018, l’année Boucher-de-Perthes.

X. T. 

Par Le Courrier Picard | Publié le 17/04/2017