Guise, 2 avril 2016

Familistère de Guise, façade du pavillon central
Familistère de Guise, façade du pavillon central

Guise et Saint-Quentin

Samedi 2 avril, 8h - 18h 30

 

   Notre journée culturelle du printemps a été consacrée au patrimoine architectural, industriel et social de l'est de la Picardie.

 Le matin, Familistère de Guise.

Après-midi, Musée MBK à Saint-Quentin.


Un grand merci à  Marie-Eve Pruvot à qui nous devons les photos illustrant ce compte rendu.


Le Familistère de Guise.

 

            Le Familistère est l’œuvre de Jean-Baptiste André Godin (1817-1888).

              C'était un ouvrier serrurier à l'esprit entreprenant et inventif. En 1840 il ouvrit un petit atelier de fabrication de poêles en fonte de fer, 20 ans plus tard il avait fait fortune.

            Vers 1860, Godin se trouve à la tête d’importantes fonderies et manufactures d’appareils de chauffage et de cuisson à Guise et à Bruxelles. Il met alors en pratique son idéal de justice sociale avec la construction du «Palais social», aujourd’hui musée habité.

 

             Le premier immeuble d’habitation du Familistère a été construit en 1859-1860, en face de l’usine dans le faubourg au nord de la ville de Guise, près de l’Oise. Il comporte une centaine d’appartements dont le confort domestique et collectif est optimum au regard des moyens techniques de l'époque : eau courante, sanitaires et vide-ordures sont disponibles à chaque niveau dans les cages d’escaliers.

      Au printemps 1861, ce premier pavillon est complètement occupé par 350 habitants. Jean-Baptiste Godin lui-même s'y installe avec sa collaboratrice et compagne Marie Moret.

    Sur la place centrale, une statue du fondateur Jean-Baptiste Godin.

     Un premier monument avait été érigé  par les familistériens en hommage à Godin et inauguré le 2 juin 1889.  La statue a été déboulonnée par l'Armée allemande durant la Première Guerre mondiale pour être fondue.

  Ce monument est une réplique installée en 1922.


Le pavillon central du "Palais social"

          Nous suivons une visite guidée du pavillon central, édifié entre 1862 et 1864.

        Le bâtiment, dont les dispositions sont identiques à celles de l’aile gauche primitive, est le plus vaste du Palais social imaginé par Godin dès 1858. Il comprend près de 150 appartements. Sa cour intérieure, protégée par une immense verrière, couvre une superficie de 900 m².

      Ouvert au public depuis avril 2010, toujours habité, l’édifice associe aujourd’hui lieux de vie quotidienne et espaces muséographiques modernes et spectaculaires comme la « coupe grandeur nature » pratiquée sur toute la hauteur de la construction.

       Les salles du parcours d’exposition créées dans les anciens logements présentent l’aventure architecturale, industrielle, sociale et humaine du Familistère. Des « scènes d’intérieur » reconstituent des situations d’habitation dans le Palais social à différentes époques. Dans l’ancienne mercerie du palais, a été installée la boutique du site.

 

 

Une organisation autarcique

           Cette cité urbaine rassemble non seulement des logements au confort exceptionnel pour l’époque mais aussi toutes sortes de services, tant  économiques que culturels.

          Tous les aspects de la vie quotidienne sont pris en considération. Les habitants peuvent trouver sur place, dans les magasins au rez de chaussée des pavillons puis des économats, tout ce dont ils peuvent avoir besoin : alimentation, habillement, outillage...

          Godin est très attentif à l'épanouissement et l'éducation des enfants ainsi qu'à la vie collective animée de spectacles et de fêtes : une crèche, une école, un théâtre, un kiosque à musique sont rapidement construits.

        L'hygiène et la santé sont également des préoccupations importantes pour ce patron social. Une buanderie-piscine est construite sur les rives de l’Oise en 1870. La  spectaculaire piscine, dotée d'un éclairage zénithal, dispose d'un bassin de 50 m² et profond de 2,50 m. Il est équipé d’un plancher mobile en caillebotis qu’un treuil permet de relever jusqu’à la surface de l’eau. Ainsi même les jeunes enfants peuvent apprendre à nager sans danger.

         Les économies d'énergie ne sont pas négligées. Pour obtenir la vapeur nécessaire au fonctionnement des machines, il faut de l'eau chaude. Elle est récupérée pour les installations collectives situées à proximité.

           Le jardin d’agrément du Familistère est aussi un jardin de rapport. Des arbres fruitiers sont plantés à partir de 1880. Un potager est cultivé dès l’origine pour approvisionner à moindres frais les magasins du Palais Social en légumes. Mais la fonction éducative devient rapidement la priorité.

 

      Godin meurt en 1888. Il laisse un patrimoine bâti d’une ampleur exceptionnelle, plusieurs ouvrages importants sur la question sociale et, surtout, l’exemple d’une organisation profondément réformatrice. Longtemps méconnu, Jean-Baptiste André Godin est considéré aujourd’hui comme un des pères de l’économie sociale.

 

L'aventure industrielle continue         

Ci-dessous, quelques poêles de fonte sortis de ses usines présentés dans les locaux du Familistère.

        Aujourd'hui  Godin  est devenu un nom générique et la marque est encore une importante référence industrielle.

          Voir la production actuelle sur le site de la marque...

" Si, dans l’imagerie populaire, la marque est synonyme de chauffage et de qualité, c’est que ce capitaine d’industrie visionnaire a su donner à son entreprise et à ses successeurs, le goût permanent de l’innovation et de la performance."

 

Ce qu'il faut retenir sur Godin et le Familistère.

En complément de la visite, voici un résumé en vidéo.



L'après-midi a été consacrée à la  découverte de deux musées implantés dans l’ancienne usine Motobécane de Saint-Quentin.

Le "Village des Métiers d'Antan" 

 

     Ce village reconstitué sur plus de 3200 m², avec ses ruelles, ses chemins pavés et ses façades rénovées, authentiques et grandeur nature, est un intéressant retour vers le passé, dans l'univers du début du XXe siècle.


         La visite guidée nous a permis de découvrir (ou de redécouvrir) en détail ces métiers et activités quasiment oubliés aujourd'hui.

         Chaque échoppe a été l'occasion d'évoquer un artisanat et ses savoir-faire, dans une agréable mise en scène qui le restitue dans son décor et avec son outillage spécifique.

           La collection d'objets est très riche et tout ceux qui sont présentés datent de 1860 à 1960. Ils faisaient partie du quotidien, indispensables à la vie quotidienne avant 1950, ils sont désormais rendus obsolètes ou démodés par les nouvelles techniques et les changements du mode de vie.

              C'est avec plaisir que nous nous sommes accordé ce voyage insolite.


La façade de l'usine Motobécane en 1954, aujourd'hui devenue le "Village des Métiers d'Antan & Musée Motobécane" à Saint-Quentin / Photo du site Village d'Antan
La façade de l'usine Motobécane en 1954, aujourd'hui devenue le "Village des Métiers d'Antan & Musée Motobécane" à Saint-Quentin / Photo du site Village d'Antan

et le Musée Motobécane

 

    Implanté au cœur de son usine, le musée retrace l'histoire et l'évolution de la célèbre marque Motobécane, l’une des marques les plus actives dans le domaine des deux-roues.

        Plus de 100 modèles sont présentés, dont de nombreux prototypes totalement inédits.

 

Un grand merci à Daniel Throo pour les photos de cette section



© Association des Amis du musée Boucher-de-Perthes

 

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