Musée de Picardie, visite, 15 octobre 2016

Vue arrière du musée, Architectes Frenak  et Jullien© Architectes Frenak et Jullien
Vue arrière du musée, Architectes Frenak et Jullien© Architectes Frenak et Jullien

 

1853 à 2018

Chroniques du musée de Picardie

Exposition du 9 juin au 22 octobre 2016

 

      Au début du XXIe siècle, le musée de Picardie aborde l’ultime phase d’une construction commencée en 1854.

     Pour accompagner le début des travaux une exposition propose de redécouvrir l'histoire du Musée de Picardie de sa création en 1853 à la dernière phase de travaux dont la livraison est prévue en 2018.

 

 Ci-dessous : vue du Musée de Picardie, rue de la République, après rénovation © Equipe Frenak et Jullien, Architectes, Paris.

     

 


Entre Loteries et jeunesse retrouvée

 

          Au début du XXIe siècle, le musée de Picardie aborde l’ultime phase d’une construction commencée en 1854 mais qui avait germé plus tôt dans le XIXe siècle alors qu’Amiens abordait une phase d’optimisme et d’urbanisme rarement atteinte dans son histoire depuis la fin du Moyen Âge et la construction de la cathédrale.

         L’idée de bâtir un musée à Amiens après avoir doté la ville d’une bibliothèque, arasé les remparts et créé des promenades (mails), était un concept urbanistique audacieux en son temps qui a suscité de nombreux rebondissements et controverses à Amiens.

           Il s’agissait d’équiper la ville de manière moderne et d’en faire une ville idéale capable d’aborder le XXe siècle.

          Pour accompagner le début des travaux la Conservation du musée et la Société des Antiquaires de Picardie se sont penchés sur le concours de 1853 et sur la fertile histoire de la construction de ce musée exemplaire.

          L'exposition relate les différentes phases de construction, d'extension et de rénovation qui se sont succédées aux XIXe et XXe siècles. En même temps qu'elle décrit l'évolution architecturale du musée, cette exposition permet d’explorer l’histoire des collections et l’évolution de la muséographie.

          Les architectes de l’actuelle rénovation et restaurateurs Mesdames Frenak et Jullien et leur équipe présentent également les enjeux de l’aménagement du site dans la ville et les partis-pris d’extension et de rénovation retenus.

       


        François Séguin, conservateur du patrimoine au musée d'Amiens, responsable des collections médiévales et d’objets d’art, a proposé aux Amis du Musée Boucher-de-Perthes une visite guidée de l'exposition le 15 octobre 2016.

 

     Cette invitation a remporté un grand succès, 30 Amis, accompagnés par Agathe Jagerschmidt, directrice du Musée Boucher-de-Perthes, ont participé à l'événement.

 

      Photo de droite : François Seguin accueille les Amis et leur remet le dossier de l'exposition*. Chaque étape de l'agrandissement du Musée de Picardie et de l'enrichissement de ses collections y est relatée.


      L'exposition se déroule sous la forme d'un parcours à la fois chronologique et thématique dans les salles du musée encore accessibles.

 

*Les citations incluses dans le compte rendu sont extraite du dossier de l'exposition.


 

     Ci-dessus, photos prises dans la galerie du dôme et la rotonde de l'empereur : nombreux documents en rapport avec la création du musée, présentation du projet à l'empereur, plans, lots offerts à la loterie, symboles impériaux, instruments de pose de la première pierre...

 Naissance du musée

 

          La visite commence au premier étage dans la galerie du Dôme et la rotonde de l'empereur.

           Là sont rassemblés les souvenirs de la création du musée pour lequel un concours d'architecte est lancé en 1853.

          Il existait un petit musée, créé en 1836 par la Société des Antiquaires de Picardie (SAP). Les "antiquaires" obtiennent de Napoléon III l'autorisation de lancer des loteries publiques pour réunir les fonds nécessaires à la construction d'un grand "musée d'antiquités nationales" destiné à présenter au public "tous les objets d'art et d'histoire [] achetés par la Société ou qui lui seront offerts".

       L'empereur et la mairie d'Amiens offrent les terrains sur lesquels le bâtiment sera édifié. Le pouvoir favorise ces institutions considérées comme "de formidables outils de vulgarisation scientifique et artistique dont profitera toute la société française".


      Inauguré en 1864, par le directeur des musées impériaux, le "Louvre de province" est un remarquable bâtiment pour l'époque, "le premier construit sur une grande échelle à destination spéciale de musée". Il propose un parcours de visite de plus de 8000 m². Il devient un modèle architectural pour les musées français et aussi un modèle de gestion de la conservation des œuvres et de leur accrochage.

        La façade, fut d'abord ornée des portraits de Napoléon et d’Eugénie, rapidement remplacés par des figures allégoriques destinées à rappeler la diversité des collections qu’il abrite.


 

Un musée orné

 

       La galerie du Dôme, rebaptisée Galerie Puvis de Chavanne, est richement ornée dès la création du musée.

     Des toiles de Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898), entourées d'un abondant décor, ornent les deux galeries voûtées qui longent la façade sur rue. Puvis de Chavannes élabore aussi le cycle de peintures ornant l'escalier d'honneur.

La rotonde "de l'Empereur" est surmontée d'une peinture de Félix Barrias "La France couronne les gloires artistiques, militaires et scientifiques de la Picardie", dont Jean de la Fontaine, Jean Racine, Roberts de Luzarches, Maurice-Quentin de La Tour, Jeanne Hachette...

 

       Le décor du musée est l'objet d'une attention particulière et lors de la rénovation de 1993, le plasticien américain Sol LeWitt réalise une composition intitulée Wall Drawing n°711 pour la rotonde Maignan, ses formes géométriques et ses couleurs franches en souligne l’architecture.

 



 

      Le musée proposait initialement au public la collection de la Société des antiquaires de Picardie. Le « S », le « A » et le « P » enlacés formant le monogramme de la Société des Antiquaires de Picardie figurent en de nombreux endroits du musée, et notamment sur les grilles, pour rappeler le rôle de commanditaire joué par cette société savante.

        Par la suite, le musée s’est rapidement enrichi de dépôts des Musées Nationaux et par une politique régulière d’acquisition.

          Outre des collections antiques et médiévales, le musée abrite

- un ensemble de peinture française du XIVe au XXe siècle ainsi que les œuvres d’artistes régionaux.

- une galerie de sculptures médiévales.

- une galerie de sculptures du XVIIe au XIXe siècles.

 

       Avec l’afflux des dons de L’État et des collectionneurs, un premier agrandissement est nécessaire. Dès 1887, la cour centrale est couverte pour créer le Grand Salon. François Seguin nous présente cette immense salon et son accrochage qui rappelle l'abondance des œuvres présentées lors des Salons officiels de la fin du XIXe.

 

         Dans l'axe de l'actuelle entrée, nous traversons la rotonde Maignan pour visiter une salle dédiée à ce donateur. Sa collection d'objets médiévaux est superbe.

 

         Dans la salle des sculptures, nous retrouvons Romain Zechser, responsable du pôle patrimoine d'Abbeville, qui a participé à la conception de l'exposition pour la partie histoire du XXe. Il évoque le rôle des événements historiques dans la conservation des œuvres, en particulier les guerres mondiales.

 

 



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