Œuvre du mois, mars 2017, Danse et musique

10 mars, 18h au musée

Moulage de la Danseuse Titeux, Terre cuite coulée, XIXe siècle  Legs Boucher de Perthes, 1868 / Abbeville, Musée Boucher-de-Perthes
Moulage de la Danseuse Titeux, Terre cuite coulée, XIXe siècle Legs Boucher de Perthes, 1868 / Abbeville, Musée Boucher-de-Perthes

 

 

 

 

Conférence "Objet du mois"

 

avec Delphine Péqueur, danseuse

et Nawal Oueld Kaddour, pianiste

 

     Œuvre du mois musicale avec le Conservatoire à Rayonnement Intercommunal de la baie de Somme

 

      Le musée Boucher-de-Perthes était associé au Conservatoire à rayonnement intercommunal de la baie de Somme pour le troisième concert-conférence de l'année 2017.

 

      Ce rendez-vous croisait danse et œuvres d'art autour de la question du drapé.

       

           Agathe Jagerschmidt a présenté des œuvres du musée illustrant le thème de la danse.

             Ces œuvres ont été choisies avec la danseuse Delphine Péqueur et la pianiste  Nawal Oueld Kaddour. Elles ont créé pour les illustrer un programme musical et chorégraphique original.

 

Un livret de présentation des œuvres et un livret jeu pour les enfants sont mis à disposition du public durant toute la durée de l'accrochage.


   Agathe Jagerschmidt, conservateur du musée Boucher-de-Perthes, nous a fait découvrir quelques objets et gravures peu connus et rarement exposés, puisés dans les réserves.

     Ce fut à chaque fois l'occasion de connaître leur histoire et leur intérêt archéologique ou artistique.

     Delphine Péqueur, professeur de danse classique au conservatoire de l'Abbevillois, a également une formation en danse Modern jazz.

     Ses prestations, évoquant le thème des œuvres présentées, ont été grandement appréciées du public.

       Nawal Oueld Kaddour fut élève du conservatoire d'Abeville avant de fréquenter de prestigieuses écoles. Lauréate de nombreux grands prix, elle enseigne actuellement au CRI de l'Abbevillois.

        Son jeu virtuose et  expressif a conquis l'auditoire.

       



Danseuse Titeux. Copie du XIXe siècle

Musique choisie : Claude Debussy, L'isle joyeuse.

Danseuse Titeux, copie XIXe, terre cuite / Musée d'Abbeville/ JH
Danseuse Titeux, copie XIXe, terre cuite / Musée d'Abbeville/ JH

      Cette figurine, dite "Danseuse Titeux" du nom de son premier propriétaire, représente probablement une danseuse grecque effectuant une danse rituelle, la "danse du manteau".

      Jacques Boucher de Perthes avait acquis une des nombreuses copies de ce "tanagra" découvert au XIXe siècle sur l'Acropole d’Athènes.

     L'original est conservé au Louvre. Il s'agit d'une terre cuite datant d'environ 350 av. JC. Sa qualité est exceptionnelle, même le dos du sujet a été décoré, ce qui n'était pas une coutume répandue. Notre copie est aussi de bonne qualité mais le dos comporte moins de détails..

 

      La statuette "a longtemps symbolisé, à elle seule, le type de la Tanagréenne qui connut, à la fin du XIXe siècle, un formidable engouement"...

Lire la suite et les interprétations possibles sur le site du Louvre...

Danseuse Titeux, vers 350
Danseuse Titeux, vers 350
avt JC. / Photo Louvre RMN
avt JC. / Photo Louvre RMN


Vase grec : rhyton. Imitation du XIXe siècle

Musique : Ravel, Le menuet antique

Rython, XIXe s, terre cuite / Musée Boucher-de-Perthes / ph J.H.
Rython, XIXe s, terre cuite / Musée Boucher-de-Perthes / ph J.H.

          Le rhyton du musée d'Abbeville a été fabriqué au XIXe siècle comme de très nombreux faux et copies qui inondèrent le marché des antiquités, très recherchées à cette époque.

         Les rhytons étaient des vases à boire en forme de corne, ouverts aux deux extrémités. Les authentiques datent le plus souvent du Ve siècle avt J.C.. Leur nom vient du verbe grec rhein qui signifie couler. Le côté large recevait le breuvage,  le côté étroit permettait de boire ou de pratiquer des libations. Le buveur maintenait le récipient au-dessus de sa tête et le liquide s'écoulait directement dans sa bouche. Les rhytons n'étaient employés que lors de cérémonies rituelles ou au cours de banquets.

  

          Notre rhyton représente une tête de cerf. La tête est peinte en beige, les bois en blanc. Sur le col brun nous apercevons un personnage masculin exécutant une danse en agitant de grands voiles. Le peintre du XIXe a imaginé là une figure inédite, évoquant à la fois les ménades, des femmes dont les danses endiablées étaient vouées à Bacchus, et les corybantes, prêtres de Cybèle qui dansaient armés... De l'autre côté du col se tient le dieu Apollon.



Sapho, estampe XIXe s., par Bosselman

Musique dansée : Haendel - chaconne en sol majeur

      Cette gravure de Bosselman (graveur, illustrateur, fin XVIIIe - début XIXe) reproduit un tableau de Louis Ducis (photo de droite).

       Le sujet s'inspire d'une anecdote qui contredit la réputation (invérifiable) de Saphô, ou Sappho, de préférer l'amour des femmes.  Dans la version popularisée par Ovide,  la poétesse grecque tombe passionnément amoureuse du trop beau Phaon.

    Lorsqu'elle apprend que son amant la  délaisse, peut-être à la lecture de la lettre lâchée par sa main gauche, elle se meurt. Un vieux mage a la bonne idée de faire jouer des musiciens à son chevet. Le charme de la musique la rappelle à la vie.

Ducis Louis, Sapho rappelée à la vie par le charme de la musique, huile sur toile, 1811 / Pasadena, Norton Simon Museum
Ducis Louis, Sapho rappelée à la vie par le charme de la musique, huile sur toile, 1811 / Pasadena, Norton Simon Museum


La Esmeralda, lithographie, XIXe s., par Auguste Bouquet

Musique dansée : Georges Bizet - Carmen, entracte de l'acte III

Auguste Bouquet, La Esmeralda, lithographie, XIXe / Abbeville, Musée Boucher-de-Perthes / ph J.H.
Auguste Bouquet, La Esmeralda, lithographie, XIXe / Abbeville, Musée Boucher-de-Perthes / ph J.H.

 

 

        Auguste Bouquet (Abbeville 1810 - Lucques 1846), était peintre, lithographe et caricaturiste. Il représente ici Esméralda sous les traits d'Anna Thillon (1819 - 1903), chanteuse lyrique britannique.

        Esméralda est l'un des personnages principaux du roman de Victor Hugo publié en 1831. (résumé sur wikipédia)

       La scène se situe dans la chambre de la jeune gitane. Elle est assise à même le sol et dévoile des cartes sur lesquelles apparaissent les lettres du nom de son amant, Phoebus.

      Sur ses genoux, sa chèvre dressée Djali, et autour d'elle quelques instruments de musique indiquent ses moyens de subsistance : elle danse, joue, chante et fait exécuter des tours savants à la chèvre, ce qui la rend suspecte de sorcellerie. L'illustrateur la représente dans un moment de bonheur, situé au début du roman, mais l'auteur lui a réservé une fin tragique.

 

 




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