Mme Bousquet, présidente de l'Association, présente à M. Dumont, maire d'Abbeville, le tableau d'Albert Decamps.
Mme Bousquet, présidente de l'Association, présente à M. Dumont, maire d'Abbeville, le tableau d'Albert Decamps / Photo JH

 

 Lundi 23 janvier 2017 à 17h15

à la Mairie d'Abbeville.

 

La remise officielle du tableau acquis par notre association pour le musée a connu un franc succès. Merci à tous pour cette belle manifestation de soutien.

 

        La toile d'Albert Decamps représente le port d'Abbeville, un sujet que nous n'avions pas encore dans notre collection de peintures. C'est la quatrième œuvre de cet artiste a intégrer les collections.

       Albert Decamps, né à Allery,  est resté très attaché à sa région qu'il a souvent représentée malgré sa carrière parisienne.
     Ce tableau viendra bientôt enrichir l'espace "Abbeville au fil du temps" où il fera face à une autre œuvre offerte il y a quelques années par les Amis du musée : le Guindal par Adrien Dauzats.
       L'association s'engage à financer dans les meilleurs délais la remise en état du tableau qui nécessite un nettoyage et quelques légères mesures de consolidation.

 

Lire l'article de La Tribune de l'art sur leur site ou le télécharger ici



Résurrection et Assomption de la Vierge

Participation de l'Association à l'acquisition de cette oeuvre


Résurrection et Assomption de la Vierge, musée d'Abbeville, © Bréjat-RMN
Résurrection et Assomption de la Vierge, musée d'Abbeville, © Bréjat-RMN

Peinture sur panneau de chêne.

Panneau peint de la fin du XVesiècle représentatif de la peinture picarde.

Dimensions : avec cadre, 161 x 88 cm – sans cadre, 143 x 70,4 cm.

 

La technique :

 

Le panneau est constitué de quatre planches de chêne assemblées à joint vif. Il correspond à l'origine à un panneau peint sur les deux faces, découpé en épaisseur par la suite. Il s'agit certainement d'un volet de retable. L'œuvre vient d'être restaurée à Bruxelles. Elle est en parfait état de conservation.

 

L'iconographie :

 

Le volet illustre plusieurs scènes de la vie de la Vierge :

 - La partie inférieure montre la Résurrection de la Vierge ; la Vierge soutenue par des anges sort du tombeau. Assistent à la scène le Christ et les douze apôtres ainsi que plusieurs saints dont saint Étienne, diacre reconnaissable aux cailloux posés sur son crâne, symbolisant son martyr par lapidation.

- La partie médiane offre une image saisissante de la Vierge au ciel entourée d'une multitude d'anges dans un halo rougeâtre.

- Dans la partie supérieure, le Christ attend près du trône la venue de sa mère.

 

Ce panneau provient donc soit d'un retable entièrement consacré à la vie de la Vierge (partie centrale et volets peints) soit d'un ensemble pouvant présenter des scènes de l'Enfance du Christ au centre et illustrer des scènes de la vie de la Vierge sur les volets peints.

 

La provenance :

 

Ce panneau peint est comparable dans sa composition et par ses caractéristiques formelles aux rares panneaux peints picards de cette époque qui existent aux musées d'Amiens, de Chicago, de Saint-Pétersbourg et au trésor de l'abbaye de Saint-Riquier. Les rapprochements les plus intéressants sont à faire avec le retable d'Ochancourt (village à 15 kms d'Abbeville, musée d'Amiens), le retable de Saint-Riquier (8 kms d'Abbeville, 2 volets l'un au Trésor de l'abbatiale de Saint-Riquier, le second au musée d'Amiens) et le retable qui ornait l'église de la Chartreuse de Thuison à Abbeville (volets dispersés à Chicago et Saint-Pétersbourg).

Source : Pantxika De Paepe, conservateur en chef



Portrait de Jacques Homassel


Portrait de Jacques Homassel, Musée d'Abbeville, © Bréjat-RMN
Portrait de Jacques Homassel, Musée d'Abbeville, © Bréjat-RMN

Ecole française, début du XVIIIe siècle, Portrait de Jacques Homassel, huile sur toile

H. : 82 cm L. : 65,5 cm

Début du XVIIIesiècle

 

 

Inscription au revers du châssis :

« Portrait de Jacques Homassel, entrepreneur de la manufacture royale des moquettes d’Abbeville » et sur une étiquette ancienne « Jacques Homassel né 1636 + 1747 acheta en 1683 la manufacture royale de moquettes d’Abbeville. Son gendre Jacques Hecquet lui succéda. »

 

 

Acquis en vente publique le 6 avril 2005 par l’Association des Amis du Musée à l’Hôtel Drouot

 

Ce portrait encore anonyme revêt un intérêt très important pour l’histoire d’Abbeville au XVIIIe siècle. À cette période, l’activité économique de la ville est dominée par deux manufactures royales à qui elle doit sa prospérité : celle des van Robais (famille hollandaise appelée par Colbert), spécialisée dans les draps fins, et celle des moquettes et tapis. C’est de cette dernière dont il est ici question, puisque le modèle, Jacques Homassel, fut son directeur après l’avoir acheté à son fondateur Philippe Leclerc. Un arrêt du Conseil d’Etat de 1690 le place à ce poste, à l’instigation de Louvois. Il bénéficie d’un privilège royal dans le domaine du tapis. L’activité de cette manufacture n’a pas encore fait l’objet d’études et demeure mal connue : cette peinture apporte un témoignage qui constitue un premier élément, prélude à de plus amples recherches, notamment pour retrouver des exemples de sa production. De plus, ce personnage a joué un rôle important dans l’histoire locale, ainsi que l’attestent des recherches en archives : il fut notamment échevin.

La qualité de cette œuvre plaide pour une réalisation parisienne, reprenant les codes du portrait officiel de la fin du XVIIe et des premières décennies du XVIIIe siècle. D’après l’âge du modèle, elle serait à dater des années 1710-20. Aucun contact précis de la famille Homassel avec des artistes parisiens n’est connu, mais leur activité professionnelle les amenait à des déplacements fréquents dans la capitale. L’exemple de la famille propriétaire de l’autre manufacture, les van Robais, plaide en ce sens. Un portrait au pastel d’Abraham van Robais par Jean-Baptiste Perronneau est conservé au musée du Louvre, tandis que la construction du château de Bagatelle en périphérie d’Abbeville par le même personnage constitue un témoignage de folie à la pointe de la mode du temps. La venue de ce portrait de Jacques Homassel est donc un témoignage de premier plan sur l’histoire économique de la ville et ce milieu de riches manufacturiers qui était à sa tête au XVIIIe siècle.

Les collections du musée conservent une riche section de peinture du XVIIIe siècle, richement illustrée dans le domaine du portrait en particulier : autoportraits (Lépicié, Dumaige, Choquet), têtes d’études (Callet) et plusieurs figures féminines par Largillière illustrant la tradition du portrait officiel. Cependant, sur ce dernier point, aucun pendant masculin ne venait en parallèle compléter ce panorama. L’entrée dans les collections de l’effigie de Jacques Homassel efface ce manque et contribue, outre son intérêt lié à l’histoire locale, à enrichir ce point fort du musée.

Source : Stéphane Paccoud, conservateur du Patrimoine



Barthélemy Bernier (1837-?), Six dessins représentant des vues d'Abbeville, 1867-1868


1.    Cour de l'hôtel de Ville
2.    Maison de François 1er, rue des Tanneurs
3.    Maison de François 1er, rue des Tanneurs
4.    Collégiale Saint-Vulfran, vue de la rue des Jacobins
5.    Église Saint-Gilles
6.    Hôtel de Monsieur Delattre, rue Saint-Gilles

 

2 et 6 : Mine de plomb sur papier blanc
1, 3, 4 et 5 : Mine de plomb, plume et encre noire sur papier blanc

 

Acquis en vente publique à Abbeville le 8 avril 2006 par l'Association des Amis du musée Boucher-de-Perthes


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Peu de renseignements ont pu être trouvé sur cet artiste, qui semble avoir vécu d'une production de dessins au fusain destinée aux amateurs. Né en 1837 à Lyon, il est le fils de Claude-Hippolyte Bernier, peintre de paysages. Il suit l'enseignement de l'École des Beaux-Arts de Lyon de 1850 à 1852 et entre dans l'atelier d'Armand Cambon. Il est référencé dans les catalogues du Salon, section dessin, entre 1870 et 1875. Si l'on se réfère aux titres des ouvrages exposés, il semble beaucoup voyager : à deux vues des Pyrénées en 1870 succèdent des représentations d'Anvers. Il est probable qu'il se soit établi en Belgique à partir de 1874. Aucune source mentionnant son passage à Abbeville n'a pu être retrouvée.

 

Les annotations relevées sur les œuvres proposées permettent d'éclairer son mode de travail, en particulier lorsqu'il indique sur la vue de l'ancien hôtel de ville que ce dessin est préparatoire à un fusain exposé à Paris en 1874. Ces six réalisations constituent donc des notations prises sur le motif à la mine de plomb, destinées à être ensuite retravaillées. Le fait que quatre d'entre elles soient repassées à la plume montre déjà un retour et une réflexion a posteriori, qui amène l'ajout de quelques éléments pittoresques comme les oiseaux en vol autour des tours de la collégiale Saint-Vulfran dans la vue depuis la rue des Jacobins. Ces motifs sont ensuite repris au fusain - tous ses dessins envoyés au Salon adoptent cette technique - dans des versions destinées aux amateurs. Une recherche destinée à retrouver trace du fusain exposé en 1874 à Paris ne s'est pas avérée concluante : seules deux vues d'Anvers figurent alors au Salon. Il se peut en revanche que celui-ci ait été présenté dans le cadre d'une des autres expositions qui connaissent un bel essor dans le domaine des arts graphiques, comme celles dévolues au dessin du Cercle de l'Union Artistique ou du Cercle Artistique et Littéraire, qui se tenaient en mars.

 

Ces dessins sont représentatifs d'une pratique des vues pittoresques au succès commercial toujours croissant. Le succès de la publication des Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France de Taylor, Nodier et Cailleux conduit à une multiplication des recueils de vues de sites et monuments correspondant à une demande toujours plus forte d'albums de la part du public, en particulier des voyageurs. On assiste alors dans le domaine de la lithographie à ce que Ségolène Le Men qualifie d'industrie des voyages pittoresques, à l'instigation d'éditeurs parisiens. Surtout, ceux-ci font appelà des dessinateurs qui se spécialisent dans cette pratique, comme Chapuy ou Tirpenne. Il semble que Barthélemy Bernier s'inscrive dans ce mouvement, tout comme ces six dessins.

 

Abbeville en particulier a beaucoup attiré dessinateurs et graveurs au cours des deux premiers tiers du XIXe siècle. Son caractère très pittoresque de ville médiévale à pans de bois, bâtie sur un réseau de petites rivières et dominée par la silhouette de la collégiale Saint-Vulfran, a séduit nombre d'artistes, à commencer par les Anglais qui, de Bonington à Ruskin, en passant par Thomas Shotter Boys ou David Roberts, ont fait de la cité picarde une étape obligée de tout voyage en France et l'un des hauts lieux de l'architecture médiévale. La publication des Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France accorde également une large place aux images de la ville et joue un rôle certain dans son succès auprès de plusieurs générations. La collection du musée porte témoignage de cet intérêt, au travers d'œuvres d'Adrien Dauzats, Thomas Shotter Boys, David Roberts, Frederick Nash ou Samuel Prout, parmi d'autres.

Source : Stéphane Paccoud, conservateur du Patrimoine



Zwi Milshtein, Le remède miracle 

Participation de l'Association à l'acquisition de cette oeuvre


Zwi Milshtein, Le remède miracle © Musée d'Abbeville
Zwi Milshtein, Le remède miracle © Musée d'Abbeville

L’œuvre :

 

L’œuvre est réalisée sur un panneau de bois peint. Elle représente un Christ en croix et est inspirée du retable d’Issenheim de Mathias Grünewald (Musée Unterlinden de Colmar). En France, on admire depuis Huymans et les symbolistes les crucifixions de Grünewald en raison de leur pouvoir de suggestion, du débordement d’émotions qui en émane et de leur capacité à émouvoir. Au XX siècle, plusieurs peintres dont Picasso et Milshtein s’en inspirèrent.

 

De cette confrontation artistique, Milshtein a su garder la puissante force d’expression par le jeu des couleurs, « le rouge poussé jusqu’aux limites du supportable » (Carsten-Peter Warnotee), par la gestuelle extatique et par les proportions allongées. De par son inspiration et sa réalisation, le tableau s’intègre particulièrement bien dans les collections du Musée Boucher-de-Perthes.

 

L’auteur :

 

Enfant avant la guerre de 1940, Milshtein est né à Kichivev en Géorgie. C’est en reproduisant d’immenses peintures à destination politique qu’il aime l’art. Après un apprentissage précoce chez Stefanescu, le plus grand spécialiste des icônes roumaines, il rejoint Israël. Il n’a pas vingt ans pour sa première exposition.

 

En 1956, il arrive à Paris et reçoit le prix de la critique en 1957. En 1980, il expose en France et à l’étranger, notamment en Suisse et en Angleterre où son travail est extrêmement apprécié.

 

A partir de 1992, il part à la conquête des pays de l’Est. Tout au long de sa carrière, les œuvres du passé viendront comme des clins d’œil ou des sourires illuminer son travail.

 

La très célèbre galeriste Katia Granoff, qui offrit à Milshtein un contrat de plusieurs années, écrivait à l’artiste : « si parmi vos prédécesseurs je ne pouvais vous comparer à aucune autre, je prendrais la liberté de vous apparenter à Goya, peintre inoubliable des abysses humains ». La richesse de son inspiration et de sa personnalité lui a valu la sympathie et l’amitié de grandes figures de la littérature comme Jean Paulhan, Lawrence Durell, Anaïs Nin…

Son intérêt pour les musées et goût pour notre région nous ont valu la belle exposition de l’été dernier.

Source : Lynda Frenois