Heures Italiennes - Beauvais, 13 mai 2017

13 mai, journée Méru-Beauvais

Lien vers la présentation de l'exposition du MUDO
Lien vers la présentation de l'exposition du MUDO

 

 

 

 

        Visite du volet beauvaisien de l’exposition

"Heures Italiennes" :

Le Naturalisme et le Baroque (XVIIe siècle).

 au MUDO (= MUsée De l’Oise)

 

        Le matin nous avions visité le Musée de la nacre et de la tabletterie situé à Méru. Voir le compte  rendu de la visite de Méru.

 

        La journée s'est terminée par un circuit historique en car avec un guide conférencier pour une présentation de la ville.

 

 


 Présentation des expositions Heures Italiennes

 

 

Vous pouvez visionner ci-dessus la bande annonce de l'opération "Heures italiennes".

 

"Heures italiennes" : voir le site officiel.

 

Lire l'article de La tribune de l'art :  heures-italiennes-tresors-de-la-peinture-italienne-en-picardie.

 

 

    

   "Heures italiennes » propose une exploration inédite des collections publiques de peinture italienne conservées dans les musées et dans les églises de Picardie. Inspirée par Henry James (1843-1916), l’opération emprunte son titre à un recueil où l’auteur décrit les monuments et les artistes de la péninsule avec autant de fascination que de pertinence."

 

  L'opération "Heures italiennes", imaginée par les conservateurs des musée de Picardie*, s’articule autour de quatre expositions majeures.

  • Les Primitifs des XIVe -XVe siècles, présentés dans la chapelle néo-gothique du musée de Picardie à Amiens.
  • La Renaissance, au musée Condé de Chantilly (où 30 prêts extérieurs sont confrontés aux chefs-d’œuvre de la collection du Duc d’Aumale).
  • Le Seicento, qui constitue la majorité des collections italiennes en Picardie, est présenté à Beauvais dans deux lieux (au MUDO : Caravagisme, Baroque, paysage et la nature morte ; au Quadrilatère : grands retables, allégories, images sacrées, figures et portraits).
  • Le XVIII e siècle au palais de Compiègne.

Plusieurs expositions satellites, dont "Rêver d'Italie" du musée d'Abbeville, font partie du dispositif. cf "Heures italiennes" : le site officiel.

 

* Cette opération a été conçue avant la réunion des régions Picardie et Nord-Pas-de-Calais.

 



HEURES ITALIENNES à BEAUVAIS : LE NATURALISME ET LE BAROQUE, XVIIe SIÈCLE
27 avril - 17 septembre 2017

 

Textes J. Henocq d'après le dossier de presse, photos Y. François et J. Henocq

 

        La peinture du XVIIe siècle est la mieux représentée dans les collections des musées de Picardie, et particulièrement à Beauvais, avec une abondance de tableaux représentant les grands courants picturaux et les principales écoles de l'Italie.
       L’exposition se partage entre le Musée de l’Oise et Le Quadrilatère. Nous avons vu les 41 tableaux exposés au MUDO.

 

Le naturalisme

 

        L'influence capitale du Caravage sur les artistes de l’époque est visible à travers des peintures de paysages et des scènes historiques dans lesquelles se retrouvent son sens de la dramaturgie et ses mises en scènes spectaculaires.

 

        Une copie de l’un des derniers tableaux peints par Caravage, La Madeleine en extase, récemment redécouverte dans les réserves du musée de Senlis, est présentée ici.

      Elle ouvre la section des scènes de mœurs, thème nouveau introduit par l’artiste dans la peinture italienne.

      Ce thème est représenté par Angelo Caroselli, avec deux tableaux représentant des Entremetteuses, mais aussi des scènes de taverne, des portraits de gens du peuple, soldats, buveurs...


       Caravage a également renouvelé le répertoire de la peinture religieuse, en travaillant à des effets spectaculaires et théâtraux où les corps dénudés possèdent une intense force dramatique, en particulier dans deux représentations du Martyre de saint Sébastien, l'une de Giovanni Antonio Galli dit Spadarino, l'autre de Francesco Rusticci.

       Un très beau "Saint Jean Baptiste avec l'agneau" de Jusepe de Ribera (1591-1652), est représenté comme un adolescent gracile à l'air un peu canaille bien dans la lignée des modèles du Caravage. (Ribera est né en Espagne mais est arrivé très jeune en Italie ; il  est considéré comme un représentant du ténébrisme et de l'école napolitaine).

On trouve aussi dans cette section des représentations plus apaisées et colorées comme "La mort de Saint Joseph" attribué à Rutilio di Lorenzo Manetti (1571 - 1639).

 

     Entre contemplation et revendication, une série de figures méditatives évoquent les "portraits de la pensée" : saints de Jusepe de Ribera  et docteurs de l’Église composent cette illustration du portrait contemplatif.

   Nous retrouvons dans cette section le grand portrait intriguant de la "Sainte religieuse âgée" au regard pénétrant et suspicieux, conservé au Musée d'Abbeville. Il a bénéficié d'une restauration grâce à cette exposition. "L'identification de cette religieuse n'a pas été trouvée mais son visage austère et marqué par les ans peut être rapproché d'autres vieilles femmes peintes par Ribera" (in cartel).

 

 

Les nouveaux genres picturaux et le théâtre du Baroque

 

    La section peinture de paysage illustre l’évolution de ce genre qui se renouvelle profondément au XVIIe siècle en Italie.

    Les exemples sont nombreux et représentatifs de la diversification qui s'opère entre paysage historique, naturaliste, menaçant ou imaginaire.

    Vous reconnaissez ci-contre l'inspiration vénitienne chez Alessandro Salucci avec Canal bordé d’architectures, mais aussi chez Carlo Saraceni avec son Paysage au bon Samaritain, petite et précieuse huile sur cuivre, plus dans la lignée des paysages du Titien.

     L’influence des peintres nordiques est sensible chez Pieter Mulier dit Cavalier Tempesta, qui nous offre un paysage tourmenté d'une grande intensité dramatique, Tempête avec naufrage, extrêmement virtuose et plein de détails pittoresques.

     Filippo Napoletano (1590-1629), avec son tableau Roger et Angélique (ou Persée et Andromède ?) vers1620-1629, grande huile sur toile - 98,5 x 119 cm-, propose un paysage  sous couvert de sujet mythologique.

 

        La Nature morte est un genre très prisé des collectionneurs autant par la richesse des compositions, la virtuosité dans le rendu des fruits, des fleurs ou des objets que par la symbolique des sujets. Celui-ci se développe principalement à Naples et à Rome : le foyer romain est représenté par la magistrale Corbeille de fruits de Michele Pace del Campidoglio et la somptueuse Nature morte au tapis et à l’aiguière de Noletti dit Il Maltese du MUDO. Nombre d'artistes insèrent des natures mortes dans des paysages et des scènes mythologiques dans de grandes compositions foisonnantes et décoratives, comme celle de Giovanni Benedetto Castiglione présentée ci-contre.

 

     Le baroque, est particulièrement bien représenté dans la dernière section au travers d’œuvres de provenances et d’écoles différentes.

     Formé à Rome, Giovanni Francesco Romanelli (1610-1662) décora les appartements de la reine Anne d’Autriche au Louvre à Paris. Un cabinet donnant sur la Seine était orné de 7 peintures retraçant la vie de Moïse racontée dans l'Exode. Ce décor fut dispersé lors de la Révolution, Moïse sauvé des eaux est désormais conservé au Palais de Compiègne.

         La seconde moitié du siècle est celle de l’explosion du Baroque romain, destiné à se répandre dans toute l’Italie puis l’Europe : son fondateur, Giovanni Battista Gaulli, dit Baciccio (1639-1709), était très proche du Bernin. Son chef-d’œuvre, La Querelle d’Achille et d’Agamemnon, est considéré comme l'un des plus grands chefs-d’œuvre des musées français pour la peinture du Seicento.

 



 

 

        Au cours de notre tour historique de la ville nous avons pu voir de nombreux monuments dont le plus célèbre est la Cathédrale Saint-Pierre. Ses proportions sont grandioses mais la chute de sa flèche au XVIe siècle, quatre ans seulement après son élévation, l'ont malheureusement laissée sans nef. Le chœur gothique du XIIIe s., le plus haut du monde avec ses 48 m sous voûte, représente la quintessence du gothique.

         A son pied, la Basse-Oeuvre, est le vestige de la cathédrale de l’an 1000, progressivement démolie au fur et à mesure de l'avancée des travaux du nouvel édifice. La différence d'échelle entre les deux bâtiments montre quels défis insensés se proposaient les constructeurs de cathédrales et les extraordinaires progrès techniques acquis en à peine deux siècles.

          Beaucoup d'autres vestiges et monuments intéressants nous ont été signalés. Nous sommes passés devant l'église Saint-Étienne qui marque le passage du roman au gothique flamboyant. On peut y voir de remarquables verrières du XVIe siècle.

        La conférencière n'a pas négligé de nous présenter également des quartiers moins prestigieux, voués au travail et à l'habitation.

          Entre autre spécificités artisanales et architecturales beauvaisiennes, nous avons vu la "maison Gréber". Charles Gréber, célèbre céramiste beauvaisien fit décorer en 1911 la manufacture familiale. La façade devient alors un tableau publicitaire de la production des ateliers Gréber. Nous avons relevé sur beaucoup de façades des éléments décoratifs en terre cuite produits par cette fabrique.

           Le circuit nous a menés devant une ancienne Léproserie, la Maladrerie Saint-Lazare, exemple remarquable d'architecture hospitalière des XIIe et XIIIe siècles.

Quelques mots sur le bâtiment qui abrite le Musée :

 

      Situé au pied de la cathédrale, le MUDO-Musée de l’Oise, est installé dans l’ancien palais épiscopal, résidence des évêques de Beauvais, comtes de la ville et pairs de France.

      Notre guide nous a conté avec verve l'histoire de ce très bel ensemble architectural édifié au XIIe siècle, sur le rempart romain, par Henri de France, frère du roi.

     Au XIVe siècle, suite à une émeute des habitants de la ville, l’évêque fait ériger une entrée fortifiée munie de deux tours.

      Au XVIe siècle, le palais est reconstruit en style Renaissance tout en conservant une décoration caractéristique du gothique. Sa façade est ornée d’une tour d'escalier nommée « tour de l'horloge » surmontée d'un campanile abritant trois cloches, dont une datant de 1506.

     Dans les combles, la majestueuse et imposante charpente en chêne de 14 mètres de hauteur est un des éléments les plus spectaculaires de l’ancien évêché.

    Après diverses affectations, le palais devient musée dans les années 1970.  Récemment rénové, il a ouvert à nouveau ses portes au public en 2015.

 

 





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