Lyon - 16 mai 2014

Voyage des Amis du Musée à Lyon

16-17-18 mai 2014


      C'est avec beaucoup de plaisir qu'un petit groupe  d'Amis du Musée a répondu à l'invitation de Stéphane Paccoud, ancien conservateur du Musée Boucher-de-Perthes de 2005 à 2007. Il est actuellement conservateur en chef, chargé des collections de peintures et de sculptures du XIXe siècle au Musée des Beaux-arts de Lyon.

Nous avons choisi la date de notre voyage culturel à Lyon sur sa suggestion, pour bénéficier de l'importante exposition montée par ses soins  :


"L'invention du passé -

Histoires de cœur et d’épée en Europe. 1802-1850".


 

           Le programme ne prévoyait que deux demi-journées au "MBA"  mais nous aurions pu y consacrer la totalité de notre séjour tant  y abondent les chefs-d'oeuvre  de toute nature et de toute époque.

        Dès notre arrivée en début d'après-midi le vendredi 16, nous sommes amicalement accueillis par Stéphane Paccoud  au Musée des Beaux-arts pour découvrir  l'exposition.

      Nous ne pouvions bénéficier d'un meilleur guide puisque Stéphane Paccoud  a lui-même conçu et travaillé à ce projet pendant trois ans en collaboration avec  Stephen Bann, professeur émérite en histoire de l’art, université de Bristol.

 

     L'exposition montre d'abord des oeuvres des artistes lyonnais qui eurent les premiers l'idée de s'inspirer d'anecdotes historiques souvent méconnues, voire apocryphes, pour illustrer  le passé en peinture.

      Abandonnant la tradition de la grande peinture d'Histoire qui privilégiait les événements les plus glorieux et les héros les plus prestigieux de la mythologie ou de l'antiquité gréco-romaine, ils vont développer un style innovant connu sous différentes appellations telles que "style anecdotique",  "style troubadour", peinture "de genre historique", voire « style international » vers le milieu du siècle.

 

A l'origine de cette nouvelle manière  est le tableau représenté  ci-contre :

Valentine de Milan pleurant la mort de son époux,

oeuvre de Fleury Richard datée de 1802. 

      L'épisode illustré dans ce tableau s'est déroulé en 1407, au moyen âge donc, période jugée alors par la critique académique  comme obscure et  sans intérêt.

    Le décor est minutieusement reconstitué et le peintre recherche des effets de lumière tamisée en rapport avec l'accablement du personnage pour bien mettre en valeur les sentiments humains intimes avec lesquels le commun des mortels peut  se sentir en empathie.

        Voilà en effet qui est nouveau et va susciter un engouement très vif chez les collectionneurs, parmi lesquels se placent des personnalités très en vue comme Joséphine, l'impératrice, et sa fille Hortense.

            "Le Tournoi" de Pierre Révoil,  peint  en 1812, est  particulièrement représentatif du genre troubadour avec son thème médiéval.

      Il s'agit du premier tournoi du jeune Bertrand du Guesclin, en 1337, désireux de prouver qu'il est un "preux chevalier".

     Révoil est  aussi un peintre lyonnais, condisciple de Fleury Richard. Ils avaient étudié ensemble "le grand genre" dans l'atelier de Louis David, Ses toiles connurent un grand succès.

 Regardez le tableau  en détail  grâce à la photographie en ultra haute définition  proposée par le MBA-Lyon,  pour admirer avec quel soin minutieux le "peintre antiquaire"  a restitué costumes, armes, blasons, éléments architecturaux... pour donner à cet épisode sans doute légendaire toute la  véracité possible.

        Parmi les  230 tableaux, dessins et sculptures exposés  notre passionnant guide nous a montré les plus remarquables et les plus caractéristiques pour nous faire observer que, dans toute l’Europe, des artistes tentèrent de ressusciter  les figures et des épisodes marquants de leur propre histoire nationale.

    Les peintres  voulaient  que leurs oeuvres frappent le spectateur par l'histoire racontée et les émotions suscitées, tout en s'efforçant de restituer des décors et  des costumes conformes à l'époque évoquée.

     Ces représentations picturales créées par les peintres du XIXe siècle ont, de fait, imprégné nos esprits parce qu'elles furent souvent choisies pour illustrer nos manuels d'histoire au XXe siècle.

    La peinture de genre historique  fut abandonnée progressivement vers le milieu du siècle. Quelques temps plus tard, le cinéma reprit à son compte les thèmes et les mises en scènes créées par les artistes du XIXe. Dans "La mort du duc de Guise", film muet de 1908, cette scène par exemple est très comparable au tableau de Paul Delaroche "L'assassinat du duc de Guise", 1834.


Histoires de mises en scène

Vous touverez les informations et les anecdotes correspondant aux photos ci-dessous sur le site du MBA-Lyon à la page Histoires de mises en scène que je vous recommande chaudement.

  Si vous voulez  approfondir le thème de cette intéressante exposition, consultez le dossier pédagogique, ou le dossier de presse qui sont très bien documentés. 


Quelques mots de la soirée

      Après cette première visite au musée qui nous a tous enchantés, nous nous sommes installés à la cafétaria du musée avec Stéphane Paccoud pour échanger nos impressions et lui donner quelques nouvelles de Picardie.

La Cafétaria du Musée des Beaux-arts
La Cafétaria du Musée des Beaux-arts

     Nous avons ensuite regagné  l'hôtel ibis Lyon Part Dieu Les Halles, face aux Halles Paul Bocuse, choisi  pour sa proximité avec la gare :10 mn à pied.

     Un très bon choix,  nous avons pu nous débarrasser de nos valises dès notre arrivée et les reprendre juste avant le départ, nous avons été satisfaits en tous points par le service, la propreté des chambres et la qualité des buffets (petits déjeuners et déjeuners).

De plus les lignes de tramway menant au centre étaient à 5mn, juste de l'autre côté des Halles, fort agréables à traverser...

Le "pot" lyonnais sur un stand des Halles Paul Bocuse
Le "pot" lyonnais sur un stand des Halles Paul Bocuse
Ambiance au Bouchon Brunet
Ambiance au Bouchon Brunet

          Le "bouchon Brunet" où nous avions réservé nous a beaucoup plu avec son décor typique, ses plats traditionnels et son personnel sympathique. Une très bonne adresse que nous recommandons volontiers.

 

     Nous avions opté à l'unanimité pour la fameuse quenelle et le gâteau à la praline.

    Délicieux et copieux. Aussi avons-nous décidé encore une fois à l'unanimité de rentrer à pied, pari un peu audacieux car il faisait nuit et personne ne connaissait la ville !

Le retour par le Pont Lafayette
Le retour par le Pont Lafayette

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