"L'Europe avant l'Europe - les Carolingiens"

   "L'Europe avant l'Europe - les Carolingiens"

 

       Nous avons visité l'exposition en hommage à la figure, à la fois réelle et mythique, de Charlemagne,

présentée à l'Abbaye royale de Saint-Riquier.

 

       A l'occasion du 1200ème anniversaire de la mort de Charlemagne (742 - 814), cette exposition fait le point sur l'histoire de la période et la dynastie Carolingienne. Elle évoque également les aspects culturels, artistiques, politiques, religieux ainsi que quelques éclairages sur la vie quotidienne ...


        Laura Puech, médiatrice culturelle au CCR de Saint-Riquier, accueille les Amis du Musée le samedi 6 septembre à 14h 30.
    Nous écoutons un petit rappel historique devant la carte animée représentant l'extension de l'empire carolingien, depuis la création de la dynastie en 751 par Pépin le Bref jusqu'à la mort de Charles le Gros en 888.

     Présenté comme un "monde vaste, hétérogène et changeant", c'est aussi monde violent. L’Europe de Charlemagne repose sur des conquêtes militaires, elle est le résultat de guerres longues et dévastatrices.

      Un mannequin de chevalier carolingien donne à voir l'équipement des combattants. Les chevaliers devaient s'acheter cheval et armure.

      A cette époque la cotte de mailles est remplacée par une cuirasse renforcée de plaques de métal plus protectrices.

 

     Parmi les nombreux ennemis que les Carolingiens ont combattus, se trouvent les Vikings qui semaient la terreur sur les côtes. Ils ont d'ailleurs dévasté l'abbaye de Saint-Riquier en 881.

    Un petit espace évoque cette menace permanente avec quelques objets, dont la maquette d'un drakkar (le bateau d'Oseberg) et cette tête de poteau (photo de gauche). Laura nous fait remarquer sur les pièces vikings la décoration en entrelacs que l'on retrouve aussi dans l'art carolingien.


    Une deuxième partie de l'exposition met en valeur le rôle culturel de l'abbaye de Saint-Riquier. Elle comportait alors un grand scriptorium carolingien où l'on copiait les nombreux manuscrits de sa riche bibliothèque.

     Deux abbés laïcs exceptionnels, Angilbert, gendre de Charlemagne, et son fils, Nithard lui donnèrent un important rayonnement.

    De nombreux documents montrent l'évolution de l'écriture qui s'est beaucoup perfectionnée à cette époque. Les textes sont désormais plus lisibles grâce à l'invention de la minuscule "caroline", mais surtout grâce à la création de colonnes et d'espaces entre les mots. Tous les textes officiels étaient rédigés en latin, c'est à Saint-Riquier qu'est né le premier texte écrit en français.

     Dans un coin est installé un pupitre de copiste, une vitrine présente le matériel du copiste,  une vidéo explique la fabrication des manuscrits sur lesquels n'intervenaient pas moins de 7 corps de métier.      

     Au centre de l'espace, les Amis du musée peuvent observer à loisir les Évangiles de Saint-Riquier, chef d’œuvre de l'art carolingien conservé à la Bibliothèque d'Abbeville, ouverts ce jour-là sur la miniature représentant Saint Matthieu.

Voir ci-contre sur le lecteur numérique, folios 17v et 18r. Vous pouvez aussi voir une sélection des plus belles enluminures sur notre page >Conférences

 

 

   Au sol de cette salle un bel agrandissement de l'incipit de l'évangile de Saint Matthieu avec sa magnifique lettrine ornée de portraits...

Feuilletez Les Évangiles de Saint-Riquier.

Source Gallica.bnf.fr

Voir en plein écran : passer la souris sur le livre et cliquer sur l'icône plein écran en bas du plat.

     Charlemagne aurait offert ce manuscrit  à Angilbert, abbé de Saint-Riquier, à Pâques de l'an 800. Les pages de velin teint en pourpre, l'écriture à l'encre d'or, les magnifiques enluminures colorées de pigments très précieux comme le lapis lazuli, en font un cadeau vraiment "royal". Et bien sûr la reliure d'origine était de même valeur : plaques d'argent enrichies d'or et de pierres précieuses qui ont toutes disparues au cours des 12 siècles passés.


Charlemagne, "empereur absolu et Père de l'Europe",

      La troisième partie met en valeur le plus connu des Carolingiens, sa figure est devenue mythique.

En dehors des pièces de monnaie, la seule représentation probablement contemporaine de l'empereur est la statuette conservée au Louvre dont nous voyons un moulage (ci-dessous à gauche).

     Par contre Charlemagne a beaucoup été représenté au XIXème siècle comme en témoignent les tableaux réunis dans l'exposition.

NB. Cet intérêt du XIXe siècle pour l'histoire "nationale" était le thème de l'exposition que nous avons visitée à Lyon : "L'invention de l'histoire" (cf compte-rendu).


Un espace dédié au savoir et à l'éducation carolingiens rappelle que Charlemagne tenait beaucoup à l'instruction de son entourage. Lui même s'exprimait couramment en latin et s'exerçait chaque jour à l'écriture.

     N'oublions pas que les jeunes nobles devaient, outre le latin, les mathématiques et autres disciplines intellectuelles, s'exercer aux arts de la guerre...

Charlemagne rend visite aux écoliers - L'histoire de France en cent tableaux, Paul Lehugeur, Ed.A. Lahure, Paris, 1886                  

      Les documents exposés dans cette section montrent l'intérêt à cette époque pour toutes les sciences : la botanique, la médecine, l'astronomie...

   Entre autres pièces intéressantes, un astrolabe du Xe siècle prêté par l'IMA est exposé (cf photo ci-dessus, voir l'animation en cliquant).

 

      Un très inattendu traité d'éducation, rédigée par Dhuoda à l'intention de son fils Guillaume de Septimanie, comte d'Agen (826-850), prouve que les Carolingiens s'intéressaient même aux "sciences de l'éducation" !

 


  La section "Les arts carolingiens : influences et héritages"  présente une belle sélection d'objets et des éléments architectoniques comme ces pierres sculptées.


La sculpture à l"époque, semble un peu fruste mais elle est chargée de symboles.

 

A gauche, claveau représentant un chevalier, musée de Limoges.


A droite, stèle d'inspiration religieuse.



Quelques bijoux et objets étonnants, comme les patins à glace en os de bœuf, figurent les goûts et les plaisirs de la société aisée.


La vie quotidienne du peuple est plus difficile à présenter puisque ignorée des documents d'époque, une maquette permet de l'évoquer en montrant l’organisation d'un village.

 

Dans l'espace "La fabrique de l'histoire, quelles sources pour l'historien ?" est expliqué de quelle manière les historiens réussissent peu à peu à mieux connaître cette période dont beaucoup de traces ont été effacées par le temps.

 

Enfin, "La vie des formes carolingiennes" permet grâce à des installations vidéos et numériques de visualiser des monuments disparus ou d'éditer des textes originaux à partir de textes médiévaux.


© Association des Amis du musée Boucher-de-Perthes

 

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